Offrez les meilleures conditions à vos plantes de terre de bruyère et profitez de leurs couleurs éclatantes !

Si vous aimez le style japonais et zen, vous allez adorer les plantes de terre de bruyère !

Bien adaptées aux jardins de ville, ces plantes sont faciles à entretenir pourvu qu’elles aient la tête à l’ombre et les pieds au frais toute l’année !

Malgré tout, il convient de se renseigner sur quelques notions importantes avant de se jeter tête baissée dans la composition et la plantation de ces massifs.

Faisons le point ensemble sur les informations incontournables à connaître…

Qu’est-ce que la terre de bruyère ?

Sous le terme « terre de bruyère », on trouve 2 substrats assez différents :

  • La véritable terre de bruyère : La vraie terre de bruyère, naturelle, se trouve généralement dans les sous-bois, sur un sol plutôt sableux, au pieds des conifères ou dans les landes de bruyères. Très acide (pH < 5), elle est pauvre en azote et en phosphore. Exploitée à très petite échelle en France (Sologne), cette terre devient rare et son prix augmente donc de plus en plus.
  • La terre dite de bruyère : Il s’agit d’une « imitation » de la véritable terre de bruyère. Celle-ci est généralement composée de terre siliceuse, de sable, d’écorces et d’aiguilles de pin pulvérisées, de fibres végétales, de compost et de tourbe. Certains fertilisants peuvent également être incorporés au mélange.

Les inconvénients de ce terreau

  • Une forte acidité : une acidification trop importante du sol va réduire l’activité de la faune du sol et limiter ainsi la disponibilité des éléments nutritifs. Cette faune particulière (vers, invertébrés, bactéries, etc.) permet de minéraliser les éléments organiques et donc de nourrir les plantes.
  • Une pauvreté en éléments nutritifspourtant riche en humus, cette terre est issue le plus souvent de la décomposition de bruyères. Le résultat de ce processus, difficilement assimilable par les plantes, nécessite un gros travail en amont de la faune du sol.
  • Une mauvaise rétention de l’eau : les plantes de terre de bruyère apprécient les sols bien drainés, surtout en hiver. Cependant, ce substrat très perméable est quasiment impossible à réhumidifier une fois complètement déshydraté. L’été peut donc vite devenir un calvaire pour ces végétaux dans les régions chaudes et sèches.
  • Un réchauffement rapide de ce terreau au printemps : il encourage la floraison précoce des arbustes qui peuvent se faire surprendre par une gelée tardive et avorter ainsi leur floraison.

Les bonnes pratiques pour les plantes de sol acide

A la plantation : les deux types de terre de bruyère sont utilisés pour augmenter l’acidité d’un sol et améliorer le drainage. Mais il est primordial de mélanger à cette terre importée de la terre de votre jardin :

  • Pour la véritable terre de bruyère : mélangez 1/3 de terre de bruyère et 2/3 de terre de votre jardin (si celle-ci est de bonne qualité et très peu calcaire).

Pour aller plus loin et obtenir un terreau d’excellente qualité, voici la « recette gastronomique » appropriée pour vos plantes de milieu acide :

¼ de terre de bruyère + ¼ de terreau de feuilles + ¼ de terre franche (terre équilibrée et fertile) + ¼ de « substrat » drainant (gravier, sable ou pouzzolane).

  • Pour la terre dite de bruyère : mélangez 50 % de terre dite de bruyère et 50 % de terre du jardin (si celle-ci est de bonne qualité et très peu calcaire). Pour les plantes en pot, il est possible d’utiliser la terre dite de bruyère pure, mais il faudra alors bien suivre les arrosages, surtout en été, afin d’éviter la déshydratation du terreau.

A défaut de cette terre dite de bruyère, vous pouvez la remplacer par :

Des aiguilles et des écorces de pin finement broyées. Vous pouvez également ajouter quelques morceaux d’écorces en décomposition.

Du terreau de feuilles : préférez les feuilles de chêne et de châtaignier, si vous en avez. Entreposez des feuilles mortes dans un silo grillagé que vous aérerez de temps en temps en mélangeant à l’aide d’une fourche.

Des feuilles mortes et des aiguilles de pin en paillage. Ce dernier permettra de garder la fraîcheur et l’humidité du sol au pied de vos arbustes, tout en enrichissant le sol et en maintenant une certaine acidité.

Pour connaître les avantages et les bénéfices d’un paillage, je vous invite à lire ces deux articles :

Le paillage : le meilleur allié du jardinier !

Paillage : Lequel choisir ?

Dans tous les cas : n’oubliez pas d’ajouter de la terre de jardin riche et équilibrée à votre mélange (à défaut un apport de terre végétale sera nécessaire). Ceci améliorera la structure du sol et permettra le développement sans stress de vos végétaux. 

5 questions fréquentes de jardiniers

– La terre de bruyère : pour quelles plantes ?

Les végétaux ayant besoin de terre acide pour se développer sont avant tout des plantes forestières poussant généralement sur une couche de terreau humifère (posée sur une roche mère non calcaire). Ce terreau, issu de la décomposition de feuilles et de branchages divers, est léger et de pH acide. Les Rhododendrons, Azalées, Camélias, Érables du Japon, Pieris, Hortensias, Magnolias, Bruyères, Skimmias, etc. constituent ce groupe de plantes dites de terre de bruyère.

– Quelles sont les conditions pour réussir un massif de terre de bruyère ?

Le sol doit être acide, léger et frais en été. Plantez les végétaux acidophiles (qui ont besoin d’un sol acide pour se développer) à la mi-ombre ou à l’ombre en lisière de sous-bois. Choisissez un lieu où l’hygrométrie est élevée (près d’un point d’eau par exemple) et où le sol reste frais toute l’année. En zone plus chaude et sèche, disposez un paillage au pied des arbustes au printemps de 6 à 8 cm d’épaisseur pour conserver au maximum la fraîcheur en été. Pensez également à apporter régulièrement de l’engrais organique naturel pour bien nourrir vos plantes et magnifier leur feuillage et leur floraison.

– Comment bien gérer l’arrosage de ces plantes aux besoins spécifiques ?

Voici une des parties les plus délicates : la gestion de l’arrosage des plantes de terre de bruyère. La plupart de ces arbustes sont capables de vivre sur un sol mince et fertile. Ils possèdent un système racinaire dense superficiel et se contentent donc de puiser l’eau en surface. Ces plantes ont besoin d’un arrosage assez important en été mais redoutent toutefois les sols lourds et gorgés d’eau en hiver. Leurs racines sont sensibles à l’asphyxie dans les sols détrempés et aux attaques de champignons parasitaires. Plus les conditions d’implantation des plantes de terre de bruyère se rapprocheront de leurs conditions de vie originales et idéales, plus vous aurez de chance de réussir leur culture.

Exposition, qualité du sol et du substrat, arrosage… la réussite de ces plantations dépend donc de plusieurs facteurs qu’il convient de prendre en compte avant toute plantation.

– Quelle est l’exposition idéale pour ces végétaux ?

Une lumière tamisée et une brise légère suffisent au bonheur des arbustes de terre de bruyère. Ils craignent le soleil direct aux heures les plus chaudes de la journée et redoutent encore plus les courants d’air froid.  Habitués au calme et à la douceur des sous-bois, ils redoutent les vents violents, qui cassent leur ramure fragile. L’hiver, le vent glacial peut brûler leur feuillage persistant et endommager leur bois tendre. Plantez-les en lisière de sous-bois, à l’ombre d’une haie ou abrités le long d’un mur.

– Quelles plantes choisir et comment les agencer pour créer un joli massif coloré ?

Créer une harmonie dans un massif peut s’avérer complexe lorsqu’on dispose de peu de connaissances dans le monde du végétal. D’autant qu’il s’agit de plantes particulièrement délicates.

Pourtant, lorsque votre jardin présente un coin abrité du soleil et du vent, un climat tempéré et un sol très peu calcaire, il serait dommage de ne pas profiter de ces plantes originales, aux volumes et aux textures variés ainsi qu’aux couleurs éclatantes !

Afin de vous simplifier la vie et vous éviter des heures de recherche en solitaire pour composer vos massifs, je vous propose des séances de coaching en présentiel chez vous ou en ligne (selon votre préférence et/ou votre situation géographique).

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Vous pouvez également me contacter directement par mail en remplissant le formulaire de contact.

Focus sur la protection des tourbières

On a vu précédemment que la plupart des terreaux dits de bruyère contenaient de la tourbe.

Or, celle-ci est prélevée dans les tourbières qui sont des milieux naturels acides très fragiles où vivent une flore et une faune particulières. L’exploitation intensive de ces tourbières les détruit quasi irrémédiablement car il faut des milliers d’années pour qu’elles se reconstituent (la tourbe s’accumule au rythme de seulement quelques millimètres par an, ce qui est loin de compenser les prélèvements).

Une tourbière est une zone humide dont les conditions écologiques particulières ont permis la formation d’un sol constitué d’un dépôt de tourbe. Uniques et dégradées par l’activité humaine, il est important de les protéger aujourd’hui.

Qu’est-ce qu’une tourbière ?

(Source : https://www.aujardin.info/fiches/tourbieres.php)

« Les tourbières sont des zones humides aux eaux généralement acides et stagnantes. Ces caractéristiques créent un milieu appauvri en oxygène et donc pauvre en bactéries où la matière végétale se décompose très lentement. L’épaisseur des tourbières généralement observée en France est comprise entre 50 cm et plus de 10 mètres.

On trouve des tourbières dans différentes régions de France comme l’Auvergne ou la Franche-Comté, mais aussi dans les pays nordiques comme la Finlande, la Norvège et le Canada.

Les principaux végétaux formant la tourbe sont des mousses, les sphaignes, qui colonisent petit à petit la surface de l’eau. Du fait de son acidité, la tourbe conserve la matière organique. On a retrouvé dans les tourbières nordiques de nombreux dépôts archéologiques dont des corps humains  » momifiés  » et en parfait état de conservation. »

Un écosystème spécifique

On y trouve des plantes rares, des insectes et des animaux en tous genres. Les tourbières ont une valeur écologique qu’il est indispensable de sauver.

Un milieu unique à préserver

« Les tourbières ont subi, durant plusieurs décennies, d’importantes et continuelles dégradations découlant des activités humaines.

Nos aînés utilisaient autrefois la tourbe comme combustible pour se chauffer ou comme fourrage pour les animaux. Ces milieux subissent désormais des dommages irréversibles. 

Drainages agricoles intensifs, plantations de ligneux, décharges et dépôts divers, extractions industrielles de tourbe, creusements d’étangs et de plans d’eau, remblaiements pour la construction d’infrastructures diverses… : autant d’atteintes se multipliant depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Tous ces phénomènes ont eu raison de plusieurs dizaines de milliers d’hectares de tourbières en France.

Aussi, la superficie des tourbières françaises, supérieure à 200 000 hectares dans les années 1945, a été réduite de moitié en cinquante ans puisqu’on l’estime aujourd’hui à moins de 100 000 hectares. Ce triste constat n’est malheureusement pas l’apanage de la France. L’ensemble des tourbières européennes a connu le même sort, dans des proportions parfois bien plus dramatiques encore. »

Terreaux sans tourbe

« De plus en plus de professionnels et de particuliers se tournent vers une approche plus naturelle du jardinage en privilégiant des produits respectueux de l’environnement. C’est pourquoi vous trouverez des produits auxquels sont associés des labels, faisant mention de l’utilisation de produits naturels, renouvelables et biodégradables.

La tourbe, matériau très utilisé comme amendement dans l’horticulture, est un substrat très léger retenant bien l’eau. Malheureusement, cette ressource naturelle ne se renouvelle pas au rythme où nous l’exploitons.

Aujourd’hui, on trouve chez les détaillants d’excellents terreaux sans tourbe dont l’efficacité a fait l’objet de tests de culture. Alors, pour contribuer à la sauvegarde des tourbières, préférez des terreaux nouvelle génération ! »

Vous connaissez aujourd’hui les spécificités des plantes de terre de bruyère et leur culture un peu particulière.

Vous êtes au courant de leurs besoins, de leurs conditions optimales de culture et des alternatives de substrat pour remplacer les terreaux du commerce si besoin.

Maintenant à vous de jouer pour créer et implanter des massifs hauts en couleurs dans votre jardin !

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2 commentaire

  1. Bonjour. Comment aider nos plantes d’ombre à supporter les canicules estivales ?

    1. Bonjour Yves,
      Les canicules sont de plus en plus difficiles à supporter pour les humains comme pour les animaux et les plantes…
      Pour les plantes d’ombre comme pour les autres, vous pouvez :
      – arroser lorsque cela est possible (grâce à la récupération des eaux de pluie en période pluvieuse)
      – pailler régulièrement au pied de vos plantes pour maintenir la fraîcheur au maximum
      – apporter de la matière organique naturelle (fumier par exemple) qui retient assez bien l’humidité dans le sol
      Dans tous les cas, mieux vaut privilégier les plantes supportant les sècheresses puisqu’elles vont être de plus en plus fréquentes et sévères dans les années à venir.

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