8 raisons de boycotter les palmiers

Le palmier est souvent synonyme de vacances et de contrées exotiques…

Très prisé par les Français et largement utilisé dans l’aménagement de jardin de type méditerranéen, on le rencontre, aujourd’hui, un peu partout en France.

Or, il ne faut pas oublier que les palmiers sont des plantes importées de pays tropicaux et que les conditions climatiques de notre pays ne sont pas toujours adéquates pour ce genre de culture.

La vente de ces végétaux à la mode depuis plusieurs années est en constante augmentation et les pépiniéristes s’en donnent à cœur joie pour importer et revendre des espèces plus ou moins rustiques.

Personnellement, je préconise rarement ce genre de plantes pour nos jardins.

En effet, je leur trouve plus d’inconvénients que d’avantages.

Outre le fait que je les trouve plutôt inesthétiques (mais ceci n’est qu’une question de goût !), voici 8 raisons objectives qui démontrent que nous ne devrions jamais planter de palmiers dans nos jardins :

8 raisons de boycotter les palmiers

Sensibilité à l’humidité, aux sols lourds et argileux. Celle-ci entraîne un jaunissement de la plante, une asphyxie du système racinaire et la prolifération des maladies dues à des champignons. Une plante qui souffre demande plus de soins, d’entretien et peine à se développer.

Fréquentes carences en minéraux et oligoéléments entraînant souvent des chloroses (jaunissement des feuilles). Les plantes dites méditerranéennes (dont les palmiers font partie) ont besoin d’apports réguliers spécifiques. Elles sont plus gourmandes en certains éléments minéraux que nos plantes autochtones. Les sols de leur pays d’origine ont une composition adaptée à leurs besoins spécifiques. Ce qui n’est pas le cas de nos sols français. Il faut donc leur apporter les éléments nécessaires à leur croissance. Généralement, ces engrais spécifiques ont un coût assez élevé.

Sensibilité aux maladies et aux ravageurs (champignons et insectes). Cette sensibilité est majorée par le fait d’importer une espèce venue d’ailleurs. Les conditions de culture n’étant pas complètement optimales, les plantes sont donc plus fragiles et plus sujettes aux attaques extérieures.

Peu d’utilité pour la faune des jardins : la floraison et la fructification arrivent rarement à maturité sous nos latitudes. Les palmiers ne sont donc pas intéressants pour la faune locale. Celle-ci ne trouvant pas de nourriture, elle ira s’installer ailleurs.

Entretien contraignant avec le temps : même si ces plantes demandent peu d’entretien à la plantation, les choses se compliquent avec le temps. En effet, il faut tailler régulièrement les feuilles les plus basses au fur et à mesure qu’elles se dessèchent. Avec les années, le feuillage monte de plus en plus haut et la taille devient alors plus acrobatique.

Peu d’ombre : en été, si on souhaite avoir un peu d’ombre et de fraîcheur dans son jardin, les palmiers ne sont pas nos meilleurs amis. En effet, l’emprise au sol de la surface foliaire du palmier est assez réduite. Il faut donc planter beaucoup plus de végétaux au mètre carré que si l’on choisissait un arbre d’ombrage pour avoir le même effet.

Pousse assez lente : la plupart des palmiers mettent plusieurs dizaines d’années à se développer. Certaines variétés ne produisent qu’une seule couronne de feuilles par an.

Sensibilité au gel de la plupart des espèces : quand le climat n’est pas adapté et qu’il y a un fort risque de gel, il faut couvrir ces plantes avec un voile d’hivernage. Dans les régions où les températures descendent fréquemment en dessous de 0°C, ces protections plutôt inesthétiques restent en place tout l’hiver. Il est également possible de laisser ces végétaux en pot et de les déplacer sous abri à la mauvaise saison. Mais ceci entraîne alors beaucoup de manutention.

Focus sur un fléau qui envahit le sud de la France !

Charançon rouge : fléau des palmiers

En 15 ans en Europe, le charançon rouge (Rhynchophorus ferrugineus) a détruit près de 250.000 palmiers, principalement les palmiers dattiers (Phoenix dactylifera) et les palmiers des Canaries (Phoenix canariensis).

Ce ravageur peut passer inaperçu pendant des mois, voire des années. Lorsque les symptômes apparaissent (les feuilles s’affaissent et se dessèchent), il est souvent trop tard pour traiter. La lutte contre le charançon du palmier est réglementée par un arrêté national (le dernier en date étant celui du 30 juin 2016) pouvant être complété par un arrêté préfectoral.

Certaines dispositions sont obligatoires pour les propriétaires de palmiers.

En France, l’invasion qui a commencé en 2008 par la côte méditerranéenne, progresse dans les terres d’année en année.

Les jardins méditerranéens sont à la mode et se développent partout dans le sud de la France. C’est donc une aubaine pour ce ravageur qui en profite pour agrandir son territoire. Pour le moment, les zones touchées se situent principalement sur les côtes d’Occitanie et de Provence-Alpes-Côte d’Azur, mais il ne tardera pas à gagner l’intérieur des terres d’ici peu.

Tout propriétaire de palmiers en zone contaminée est tenu de suivre des protocoles obligatoires qui s’appliquent pour l’assainissement et l’abattage des palmiers touchés (renseignements possibles auprès de la DRAAF de votre région).

Seules certaines entreprises du paysage sont habilitées à intervenir dans la lutte contre le charançon rouge et leurs tarifs sont assez élevés : il faut compter généralement plus de 200€ par palmier infecté (prix grand public).

Il n’existe, à l’heure actuelle, aucun traitement accessible par les particuliers qui souhaiteraient éradiquer par eux-mêmes l’invasion de leurs palmiers par ce ravageur. La seule solution est de mettre en place un système de détection puis d’appeler une entreprise agréée dès l’apparition de l’insecte.

Planter un palmier de nos jours s’avère être peu adapté pour les personnes souhaitant un jardin facile et sans entretien : cela entraîne beaucoup de contraintes, d’obligations et de frais.

Or, il peut être remplacé par d’autres arbres, beaucoup plus adaptés à notre climat et tout aussi esthétiques voire plus.

Il existe de multiples façons d’aménager son jardin pour lui donner un air de vacances.

On peut, par exemple, s’inspirer de la Provence et de sa richesse en parfums et en couleurs apaisantes. En voici un petit exemple en vidéo :

Cliquez sur l’image ci-dessous ou sur le lien suivant pour visiter ce jardin : https://www.youtube.com/watch?v=_FAhw_BiFxE

Si malgré tout, vous souhaitez absolument avoir un palmier dans votre jardin, voici 3 espèces assez rustiques et faciles d’entretien :

3 palmiers rustiques et faciles d'entretien

le palmier chanvre (Trachycarpus fortunei) : résistant jusqu’à -10 ou -15°C, croissance relativement rapide. Il peut monter jusqu’à 15 m de haut.

le palmier nain (Chamaerops humilis) : résistant jusqu’à -10°C, croissance lente. Il ne dépasse pas les 1,50 m à 2 m de haut.

Le Cycas du Japon (Cycas revoluta) : résistant jusqu’à -6°C, croissance très lente. Il supporte une exposition en plein soleil mais préfère la mi-ombre (risque de brûlure du feuillage). Il dépasse rarement 2 m de hauteur et demande peu d’entretien.

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1 commentaire

  1. Simone Le Vaillant says:

    coucou Odile; je suis bien d’accord avec toi : pourquoi chercher cette illusion d’exotisme à tout prix alors que nous avons de magnifiques arbres nettement plus en accord avec nos climats tempérés; laissons aux sapins leurs montagnes, aux peupliers leurs cours d’eau etc…
    de plus je ne trouve pas, moi non plus, que les palmiers soient les plus esthétiques des arbres!
    merci pour ce ‘documentaire’ amitiés; Simone

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